Si vous vous retrouvez là, c’est que vous avez cliqué sur un lien que j’ai déposé avec mes doigts de fée sur mon profil Facebok, donc je suppose que cela ne sert à rien de vous expliquer en quoi consiste ce site de réseautage social (eh oui réseautage est un mot ! C’est Wikipédia qui l’a dit, et comme Wiki a toujours raison…). A moins que vous n’ayez vécu ces trois dernières années sur une montagne péruvienne à collecter de la laine de lama (pas sur FarmVille), vous vous êtes tous inscrits au moins une fois (parfois les comptes s’en vont et reviennent) sur cet ignoble site blasphématoire, générateur de plusieurs péchés capitaux (et pas des moindres : l’orgueil, la paresse, l’orgueil ou bien encore l’envie) et d’une addiction très dangereuse propre à ce début de 21ème siècle.
Oui ! Facebook est dangereux ! Je m’explique…
La première fois que l’on s’inscrit sur Facebook, on y va un petit peu à l’aveugle, on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre, mise à part garder contact avec certaines personnes ou retrouver d’anciens potes du collège, lycée, club d’échec, réunions Tupperware etc…
On remplit donc de façon laborieuse les informations requises afin de pouvoir valider notre profil : coordonnées, études, orientations sexuelle, politique et religieuse, on récupère notre plus beau faciès sous format J.peg (ou png pour ceux qui veulent pas dénaturaliser leurs si beaux pixels) et nous voilà lancés en pleine nature, perdus dans cette jungle de personnalités sous format http. Quelques minutes après le dernier clic de confirmation, nous voici assaillis de demandes d’amis. Là, on retrouve donc les potes, mais aussi les personnes qui avaient complètement disparu de nos mémoires. On clique sur leur profil et boum ! Voilà que notre nouvel-ancien ami a comme nouvel-ancien ami J.P, le beau gosse du lycée dont la seule et unique fois où on lui a adressé la parole est restée à jamais gravée dans nos coeurs d’ado… du moins jusqu’à l’année scolaire suivante. Alors, on l’ajoute, le J.P, juste pour savoir ce qu’il est devenu, mais surtout connaître sa situation amoureuse et voir ses photo récentes, pour savoir si on a vraiment perdu quelque chose à ne pas avoir ri à sa blague pourrie le jour de nos présentations (pas parce que la blague était pourrie, mais parce que notre gorge était tout bonnement incapable d’émettre un son).
Tout commence comme cela, et là c’est le début de l’engrenage, la longue et douloureuse descente aux enfers…
Déjà, les demandes d’amis fusent et au bout de quelques jours, on n’a plus le droit aux potes égarés ou aux anciens beaux gosses du lycée. Des inconnus, ou des faux gens connus, des personnes aux patronymes de produits pour nettoyer les toilettes, des pervers venant des Usa, du Royaume Uni ou encore du Pakistan, Koweit, Bengladesh, des femmes très court vêtues originaires de Thaïlande ou d’ex Europe de l’Est se battent dans notre page d’accueil pour avoir l’honneur de faire partie de notre réseau d’amis. La petite boîte à messages privés se remplit de propositions étranges, le plus souvent en anglais, du genre “hello do you have MSN ? We can talk with the cam if you want ! add me”. Car oui ! Facebok est avant tout un repère de décadents pensant pouvoir assouvir leurs besoins les plus refoulés sans fauter au sens propre du terme.
Dans un second temps, cette page d’acueil se remplit de façon exponentielle de demandes d’adoption de moutons noirs, de cadeaux virtuels tels que des plats à fromage, des kebabs ou des poissons rouges, ou de comparaisons de résultats de tests (Quand allez-vous mourir ? Connaissez-vous bien le club Dorothée ? Etc). Car voici un des principes les plus dangereux de ce site : les applications à foison et la propagation de celles-ci dont l’utilité du côté utilisateur serait de conserver et de préserver son réseautage et du côté administrateur de faire connaître son application aux plus de personnes possibles pour obtenir de l’argent grâce au petits clics sur les publicités (et comme un clic ne doit pas rapporter plus de deux centimes, il y a tout intérêt à ce que 25 millions de personnes se promènent sur cette page !). Certains n’ont toujours pas compris d’ailleurs que les invitations n’étaient pas obligatoires, et qu’il suffisait de cliquer sur « skip » pour savoir quel sera le prénom de son premier enfant sans avoir à envoyer une notification à ses 575 amis.
Ces saloperies d’application, parlons-en ! Elles peuvent créer une très forte dépendance ! Il suffit de ne pas avoir beaucoup de vie pour tomber dans le piège de ces jeux dits métavers (univers virtuels) comme Yoville, Farm Town, Mafia Wars et compagnie, où l’on se crée un avatar, un appartement, une histoire, une étable remplie de vaches souriantes afin de s’échapper de la morosité quotidienne, et nous permettre de rêver ou de se prendre pour un artiste en décorant notre www.chez -soi. Ces applications correspondent parfaitement au péché dit de la paresse, car on préfère s’inventer une vie devant son PC plutôt que d’essayer d’égayer la sienne, la vraie…
Mais le pire dans facebook ce n’est pas ça… Le pire, c’est-ce qui est soit-disant censé attiser notre curiosité et nous conforter dans notre fierté : les publications ! Cette page, créée spécialement pour assouvir notre besoin de potins mondains, nous présente les billets d’humeur de chacun, les vidéos et photos que nos amis partagent, leur évolutions dans leur métavers, leurs résultats de test (Fabienne la boutonneuse est trop contente car le test lui a dit qu’elle se mariera dans 6 mois !). Elle est non seulement perverse, car elle permet à chacun des 575 amis de suivre la vie privée -et donc publique – de notre égo mais également de le conforter à son maximum… Car désormais chacun des 575 amis peuvent commenter chacune de nos publications, et même si cette personne ne peut pas taper sur un PC ou a tout simplement la flemme (à cause de Facebook, encore une fois), il lui suffit de cliquer sur « j’aime » en-dessous de la dite publication. Donc chacun de nos faits et gestes facebookiens est soumis au jugement de 575 personnes. Le concours du plus populaire peut alors commencer : il faut un maximum de « j’aime », de commentaires (de préférence « oh putain, t’es trop belle! « ou « ouais t’as trop raison »), pour enfin pouvoir se sentir vivant.
Je passe certains points comme les groupes, pages de fans et compagnie, car leurs buts correspondent en tout point à celui de la page de publication. Peut-être l’application « cause » est la plus saine dans tout ça, et encore… C’est un petit peu « t’as vu ? Moi je suis une personne bien, je participe à une cause sur Facebok, alors t ‘as intérêt de faire comme moi »…
Bref, Facebok est dangereux de par la publication de la vie privée de chacun sous forme de photos, vidéos, mais également de la prise de connaissance des goûts, envies et du caractère de la personne et ce de façon virtuelle, donc facile. Je suis moi-même une Facebokeuse Anonyme, en de nombreuses occasions j’ai voulu cliquer sur le bouton « désactiver mon compte », mais je n’ai pas pu. Ben oui, j’ai pas envie de perdre mon pavillon surYoville, ma sublime plantation sur Farm Town et mon réseau d’amis que je ne reverrai sûrement plus jamais dans la vie, la vraie.
Prochaine cause : la fermeture de MSN, Wikipédia et Mozilla Firefox !




























































